Samedi 11 février 2006
Je m'étais dit que j'allais arrêter les blogs, le blog, ce blog en particulier.
Mais faut croire que c'est comme quand je dis que je vais arrêter de fumer : c'est le genre de décision qu'on prend le soir dans son lit, avec la ferme intention de la tenir, puis qu'on a oublier le matin quand vient le café, alors on se dit qu'on fera mieux la prochaine fois.
Je m'étais dit que j'avais mon Carnet Magique, et qu'à partir de là j'avais plus besoin de blog, parce qu'il faut avouer que mon blog me sert plus à moi qu'à vous, donc le carnet c'est tout aussi bien.
L'avantage du carnet c'est qu'on peut écrire dedans partout tout le temps.
Sur le rebord de sa fenêtre un soir de pseudo insomnie en allumant des cigarettes à la chaîne tout en se convainquant que ça réchaffe (Oh la menteeeeuseuh elle a les dents qui claqueeeuh!)
En attendant le tram, le bus, le métro, la fin de la pause, l'amie qui est en retard au rendez vous.
Dans le train, en épiant tous les voyageurs qui se mettent alors à flipper leur race parce qu'une inconnue écrit des trucs qu'ils ne peuvent pas lire (politesse oblige, quand on est courtois on ne lit pas ce que sa voisine écrit par dessus son épaule)
En soirée, quand tout le monde est trop imbibé pour comprendre que c'est leurs faits et gestes qu'on note.
En attendant  que ses charmants potes skaters se décident à respecter leurs engagement : "Juré, c'est le dernier tricks, après promis on rentre et on se bourre la gueule"  (non je mens : aucun skater n'est charmant, c'est tous des putains de névrosés pathogènes qui n'ont pas dépassé le stade annal et qui ne se lavent pas, mais au moins ils sont plus marrants que le commun des mortels)
Un jour j'écrirais un manuel de savoir-vivre, ou plutôt de savoir-survivre, en compagnie d'accros à la planche à roulette.
Ca donnera un truc du genre :

Si vous avez rendez-vous avec votre meilleur pote et son pote suisse incroyablement à croquer mais aussi incroyablement assexué et qu'ils sont tous les deux munis de ces engins de malheur appelés communément skateboards : FUYEZ!

Si vous n'avez pas le choix, que c'est votre meilleur pote qui vous héberge et qu'il a les clés, que vous êtes tétraplégique et que c'est toujours le même pote qui a la télécommande de votre fauteuil ou bien que vous êtes assez siphonnée pour aimer regarder des garçons qui skatent, voici quelques conseils de survie :

    - Habillez vous chaudement (on ne préviendra jamais assez des risques de rhumes inhérents à ces sessions du mois de décembre aux alentours de 3h du matin dans des lieux plus ou moins inhabités)

    - Munissez vous d'une certaine réserve plus ou moins imposante (selon vos goûts et capacités) de cigarettes, d'alcool voire de drogue, ou d'un thermos de café si vous êtes vraiment prévoyant(e). Ne partagez en AUCUN CAS ces réserves avec les skaters cités plus haut, car cela aurait pour seul effet de les conforter dans leur position de parasites sociaux vivant au crochets du système qui les exploite et martyrise (voire plus loin, section "Arrêtés municipaux anti skaters, où êtes vous donc quand on a besoin de vous?")

    - Si vous êtes étudiant(e), musicien(ne), ventriloque (la parenthèse c'est pour faire joli) ou simplement amateur de jeux vidéos, apportez de quoi vous entrainer dans votre passe-temps favori, ou de quoi rattrapper vos lacunes en physique quantique pour passer le temps.

    - N'acceptez JAMAIS de vous voir confier la garde des divers sacs à dos, lecteurs mp3, blousons et autres boards cassées qui encombrent le skater au moment fatidique, ce serait vous voir reléguer dans le rôle de vestiaire attitré, et on s'en débarasse pas comme ça (même si je sais que c'est toujours dur de refuser un blouson supplémentaire quand on n'a omis d'obéir au conseil n°1, voir plus haut)

    - Les skaters étant une sorte d'espèce dérivés des Gremlins (en plus poilus et moins attachants) NE LEUR DONNEZ JAMAIS A BOIRE APRES MINUIT! En effet, tout le monde saura qu'un des effets les plus fréquents de l'alcool c'est l'altération du sens de l'équilibre, qui est primordial pour un skater essayant de tenir sur sa planche. Car, contrairement à une fausse opinion très répandue, les bonnes sessions sont toujours les plus courtes, et plus une session est merdique, moins le skaters rentre de tricks, plus il s'acharne et plus ça dure (éh oui, pour une fois les plus rapides seront les meilleurs!) Conséquence : un skater qui boit n'aura plus d'équilibre, skatera mal et continuera jusqu'à ce qu'il fasse quelque chose de potable, n'y arrivant pas il boira de plus en plus et réduira ainsi à néant ses chances de rentrer son foutu flip sur ces 8 petites marches de rien du tout (et je ne dis pas ça comme si j'avais personnellement une haine viscérale des gaps en flip, non non non, c'est pas comme si de précieuses heures de ma vie avaient été gaspillée à attendre qu'un parasite roulettisé le rentre proprement) De plus, l'alcool engendre le phénomène assez ignoré du grand public que l'on nommera "phénomène du balai dans le cul". Ca arrive à tout le monde même si beaucoup refusent de l'admettre, mais il faut savoir qu'après une trop grande ingestion d'alcool, n'importe quel skater est capable de flipper devant n'importe quel gap, de le fixer pendant dix minutes avant de se lancer puis de ne pas le faire, tout se disant qu'il doit le faire, mais sans pouvoir le faire, dilemne cornélien parmi les plus durs à résoudre, qui met des heures à se dénouer (pour info se reporter à la vidéo où Ali Boulala El Master lui-même est confronté à ce phénomène, si vous ne voyez pas de quelle vidéo il s'agit, demandez à mon ptit frère, c'est lui la vraie groupie de la famille, il vous renseignera mieux que moi)

     - Même conseil pour la drogue

    - Ne croyez jamais un skater qui vous dit "un dernier tricks" c'est pure calomnie, c'est honteux de mentir comme ça, mais certains n'ont aucun remord à le faire. De même, ne vous croyez pas sauvé(e) quand un riverain mécontent de tout ce bruit qui l'empêche de dormir alors que demain il se lève tôt pour aller remplir dans la joie et l'allégresse ses obligations d'expert-comptable menace d'appeler la police si toute la bande ne déguerpit pas sur le champ. En général, après une intervention de ce genre, les membres planche-à-roulettisés de la bande répondront un truc gros comme le bras du genre "encore 5 min et on part, promis monsieur, on est désolé de vous déranger, on savait pas qu'il y avait du monde dans ce quartir résidentiel, mais promis juré sur la tête de Gérard Baas on part dans 5 min" Non contents de mentir à leurs ami(e)s les skaters mentent aussi à de parfaits inconnus, de gentils contribuables paisibles qui n'ont jamais égorgé un chat, et ne se décident à trouver un autre spot qu'au bout d'une demi-heure et d'un second rappel à l'ordre ("cette fois c'est bon, j'appelle les flics bande de vauriens!")

    - Enfin, si vous avez la chance d'être la fille (le fils) du maire de votre ville, ou simplement quelqu'un qui fournit de la drogue au fils du maire, ou qui a couché avec le maire ou son fils ou sa fille ou sa femme, ou quelqu'un qui était à l'école avec le maire, son fils, sa fille ou sa femme, ou encore quelqu'un qui fournit de la drogue à quelqu'un qui a couché avec quelqu'un qui était à l'école avec le maire, son fils, sa fille ou sa femme, faites tout ce qui est en votre pouvoir de persuasion pour que soit enfin pris un arrêté salutaire (juridiquement appelé "arrêté municipal") interdisant le skateboard dans une partie (ou la totalité) de votre ville de résidence. A noter que ces arrêtés sont parfaitement légaux et donc qu'il n'y a aucun problème. Ne dites jamais à vos amis skaters que vous en êtes à l'origine, et apprêtez vous tout de même à passer de longues soirées sur le thème "putains d'enculés de politicards de merde, le street y a que ca de vrai, avec leurs arrêtés municipaux ils vont nous guettoïser dans les skate park, c'est de la ségrégation, et puis nous on est des rebelles on veut pas skater dans des endroits faits pour ça" (évidemment aucun skaters n'utilisera des mots avec autant de syllabes, mais si vous leur soufflez et que vous leur expliquez ce que ca veut dire il se feront un plaisir de les répéter lors d'hypothétiques soirées mondaines où les skaters ne sont jamais invités parce qu'ils ne savent pas se tenir

    - Ha oui aussi : si vous avez sérieusement pensé à mettre ces conseils en pratique : changez de potes, parce que même si la fréquentation de skaters peut être très dangereuse (vous pouvez vous aussi vous mettre à faire du skateboard, ou tout simplement vous faire laminer la cheville par une planche mal contrôlée), les arrêtés municipaux et la délation, c'est encore pire. On n'est plus en 40, merde!


Et en guise de conclusion à cet éminent rapport, je dirai qu'heureusement pour moi, aucun de mes amis chevelus skateboardomanes ne fréquente ce blog, aucun de mes amis tout court d'ailleurs, voire même aucune personne tout court, donc je n'aurai pas besoin de faire des excuses aux gens sous prétexte que les termes "parasites sociaux" et les propos mettant en doute l'hygiène des skaters peuvent être interprétés comme insultants (alors que c'est affectueux, je le jure devant Dieu et Mick Jagger)

De toute façon aucun skater ne lira jamais un texte aussi long.
Niark niark niark

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Dimanche 5 février 2006
"Il vaut mieux une petite que rien" dit ma mère en parlant de fenêtre.
Mes vieux sont en train de construire une maison, ils font mumuse avec leurs plans, c'est mignon comme tout.
Pendant ce temps mes frères ont déserté le pont, je crois que l'un d'eux doit être en train de se ruiner les chevilles sur sa planche à roulettes tandis que l'autre se ruine les neurones devant sa console...
Raaah la vie de famille y a que ça de vrai...

Les rôtis de veau purée, avec le volcan, évidemment.
Les jeux de cartes que Papa gagne toujours, évidemment, parce que moi j'ai autre chose à faire que me concentrer sur les cartes.
Et puis les virées en voiture avec la Grosse qui a tout juste le permis et qui adore mordre sur les trottoirs.
Et puis la sortie du Charbon où tu peux récupérer un pet et 3 fins de bières en 5 minutes chrono.
Et puis la Caroline coupée à la Maïzena.
Et les copains du petit frère qui savent pas se servir d'un tire-bouchon et qui jouent à Donkey Konga avec le même fanatisme que les Japonais qui sautillent dans les compétitions de Dance Dance Revolution.

Rooh et puis je suis tombée amoureuse de Pass This On des Knife en regardant la vidéo Wallstreet ou ses bonus, pour la énième fois...
Si c'est pas malheureux de découvrir de la musique en matant des vidéos de skate.
Le pire c'est qu'aucun connard n'est fichu de me refiler la play list complète de cette vidéo, et elle n'est pas au générique.
J'espère qu'ils se feront choper par la SACEM pr la peine!
Et toc...
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Lundi 30 janvier 2006

Ma vie est fichue c'est définitif.

Je viens de voir une interview de James Blunt.

Effectivement, c'est un gentil garçon, il aime beaucoup son papa et sa maman, il n'a pas été plus traumatisé que ça par son expérience militaire...

Merde où sont passées les rock stars? Où est le côté dissident?

Mais dans tous les cas, même si James (oui je l'appelle James tout court, c'est décidé) est un gentil garçon bien sous tout rapport et qu'il a pas l'air plus pimenté qu'un plat de brocolis, je suis folle amoureuse de lui.

Il est vraiment beau, y a pas à chier, c'est une sorte de je sais pas quoi indescriptible, il est magnifique.

Et il portait un tee shirt des Ramones...

J'ai peur pour mon avenir et ma santé mentale!

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Samedi 28 janvier 2006

Revoilà les cours, avec leur cortège de notes, de petits dessins dans les marges, de mots croisés, de cafés dans des gobelets en plastique avec le sucre aggloméré au fond qui n'a pas le temps de se dissoudre parce qu'il faut boire vite le breuvage avant qu'il ne refroidisse.

Les longues minutes d'attente à la photocopieuse, le coups de pieds rageurs dans la dite photocopieuse qui refuse d'admettre qu'elle est bien rassasiée en papier.

Les avions en papier, les morpions sur un coin de feuille quadrillée, les clopes fumées en vitesse pendant la pause, à chaque pause sa clope, on se demande comment ceux qui ne fument pas subsistent, comment on peut tenir 6h de cours magistraux à la suite sans avoir la satisfaction d'une cigarette entre chaque heure...

Et puis revient l'époque des concerts.

On était au Clos Fleury lundi soir.

Y avait un groupe lyonnais For The Chosen Few.

Avec un nom pareil on se disait qu'on avait peut être de la chance de faire partie des few à être choisis.

Après 2 min d'écoute distraite on s'est dit que finalement c'était un bien de réserver cette musique aux Chosen Few, parce que c'aurait été vraiment salaud d'imposer ça au reste du monde.

Je voulais voir ce groupe parce que le batteur était une batteuse, je me disais que ça pouvait être intéressant, un peu de parité musicale.

Penses tu, non seulement ses performances batteristiques étaient pas impressionnantes mais elle avait environ autant de présence qu'un aspirateur dans une laverie automatique.

Ajoutons à cela le chanteur et sa frange gominée sur les yeux un peu comme le chanteur des Rasmus, avec sa voix à la Placebo.

Je voudrais pas avoir l'air d'une profane qui se permet de dénigrer un groupe en réalité génial uniquement parce qu'elle ne comprend pas leur démarche artistique, mais je vais le faire quand même, parce que je suis persuadée que ce groupe n'est pas un diamant brut caché dans la boue, mais la boue en elle-même.

De toute façon, c'est de la masturbation musicale leur truc, avec 3 guitares, dont une inutile, des tas de pédales pour faire des tas d'effets insupportables à l'oreille, des titres de chansons en anglais qui font très "Yeah baybé on est dark et on sait parler anglais" sur la petite dizaine de chansons qu'ils ont joué y en avait une avec pas de titre (comprendre : il nous faut des heures de réflexion intense pour trouver un titre, c'est un vrai travail, et pour le coup c'est pas encore abouti) et 3 avec le mot "ghost" dedans.

C'est le genre de concert où le public n'attend qu'une chose : que le chanteur arrête tout pour déclarer qu'ils abandonnent la musique pour laisser ça à des gens qui respectent les oreilles de leurs contemporains.

Evidemment il n'en a rien fait mais au moins y a pas eu de rappels.

Après ça y avait Logh, un groupe suédois qui renouait quand même plus avec la bonne tradition rock'n roll.

Ils avaient 3 guitaristes aussi, c'est intéressant cette profusion de guitaristes qui ne servent pas à grand chose, mais au moins leur batteur était beau.

Et puis surtout il n'y avait pas de notes aigues qui duraient 2min avant le début de la chanson (et puis ils avaient leur propre régleur de son, ce qui a évité les nombreux larsens qui avaient encore empiré la prestation des Chosen Few)

J'avoue que l'écoute était quand même plus facilement abordable, et les solos de guitare étaient charmants.

Evidemment quand j'aime un groupe je m'attarde moins que quand j'en déteste un, parce qu'à partir du moment où j'aime j'estime que ca suffit à convaincre les gens (ce qui n'est pas forcément vrai, mon entourage a vraiment trop l'esprit de contradiction pour ca, quelle bande de cons)

Rooh et puis il a neigé, 10 bons cm.

Le ciel est encore gris lumineux, mon balcon est saupoudré et il y a un nouveau fauteuil au salon.

Un fauteuil en cuir foncé, avec de gros acoudoir et une énorme assise, le genre de fauteuil qui transforme tout individu normalement constitué (c'est à dire moi) en incarnation féline, en masse gélatineuse incapable de faire autre chose que de se vautrer en lisant, avec un café et une cigarette.

Le paradis...

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Lundi 23 janvier 2006

Encore un weekend extrêmement productif...

 

On devrait arrêter de croire que parce qu'on est jeunes on est obligés de faire plein de trucs trop rock'n roll et de sauter partout et de casser des vitrines et de brûler des voitures.

 

Etre jeune ça peut aussi vouloir dire se réveiller à 14h dimanche matin, voir qu'il fait beau dehors, être trop contents de ce beau temps, et décider de passer la journée (ou ce qu'il en reste) à regarder des dvd en fumant des pets et en alternant de temps en temps avec une heure de comatage ou une partie de Blobby sur l'ordinateur.

 

Etre jeune ça veut surtout dire ne jamais être à jeun, voilà ce que je dirai si j'avais mon mot à dire sur la jeunesse d'aujourd'hui.

 

Et même quand on est une loque on peut être rock'n roll....

J'en étais où?

 

Rooh si y avait pas ces appels incessants de ces connards de Vie Chrétienne, je pourrai suivre le fil de mes pensées.

 

Ces enfoirés ont même pas la décence de me demander si je suis chrétienne avant de m'adresser la parole, merde je pourrai être n'importe quelle chienne d'infidèle, ou mes grands parents auraient pu tuer le Christ, ou j'aurai pu être communiste que ca leur ferait ni chaud ni froid.

L'élitisme se perd...

 

Bref, en parlant d'élitisme, je trouve scandaleux que des gens puissent commencer à fumer des pétards à l'âge de 19 ans.

Non mais c'est vrai quoi, ils ont aucune culture, aucun savoir-vivre, c'est pas possible de les laisser faire.

 

Je veux dire : oui le pétard n'est pas un truc sacré, non ce n'est pas le symbole d'une toute puissance et nia et nia et nia...

 

N'empêche que quand un gars qui ne paye jamais un seul bout se permet de demander à un autre s'il peut rouler avec son bédo, et ce sous prétexte que lui il paye de la tize, c'est inadmissible!

 

Merde il faut saisir le contexte, on n'est pas encore à Dam, le cannabis reste un truc interdit, on se fait baiser la gueule par des dealers à peu près aussi futés que des couteaux à beurre tous les quatre matins, parce que l'Etat refuse de légaliser et réglementer le commerce de cannabis, on subit les affreux faux plans au chocolat, au pain d'épice, au henné, on fume des trucs contenant au grand maximum 10% de résine de cannabis, on promène ça dans nos soutifs à nos risques et périls (ouais bon ok, traverser une autoroute en monocycle c'est autrement périlleux, mais on se comprend)

 

Bref on se fait chier à tous les niveaux de l'échelle, et notre consolation c'est un maigre truc tout cireux hors de prix, et notre plus pur plaisir c'est de rouler ça en un cône parfait.

 

Le roulage est l'activité la plus ludique qu'il nous reste.

On ne colle plus de gomettes, on ne colorie plus les Picsou Magazines, on ne découpe plus des flocons de neige dans du papier plié...

Tout ce qu'il nous reste c'est rouler des joints.

Et je me plains pas je dis pas que c'est mal, qu'on a été viciés par l'âge, que l'Eden est perdu et que l'Apocalypse est au coin de la porte, non moi je trouve que c'est une sorte d'évolution vers plus de complexité, c'est toujours le même jeu que quand on faisait de la pâte à modeler, un peu plus nocif, certes, quoique (vous vous êtes déjà foutu de la pâte à modeler dans le nez? non? alors vous ne savez pas à quel point ça peut être nocif!)

 

Donc dans tout ça un connard s'amène et estime naturel que vous le laissiez rouler votre joint à votre place.

Et il prétend, en plus de vous piquer le bonheur du roulage, vous extorquer tous les avantages qui le suivent : fumer en premier, fumer autant qu'on veut et le donner que quand on l'a décidé.

Tout ça gratuitement bien évidemment.

Comme si la bouteille de whisky qu'il fournie gentiment pouvait remplacer ce qu'il vous demande.

Je vous jure que si j'avais osé faire la même chose à l'époque où j'étais plus consomatrice qu'acheteuse, j'aurai connu ma douleur, et pas qu'un peu.

 

Et donc ces mêmes personnes qui ne comprennent pas que tant que le bédo sera illégal il ne sera pas soumis aux règles utopiques de la République "liberté, égalité, fraternité" ni au bel adage "gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple" mais à la seule règle : celui qui en a décide, qui roule bamboule, qui fournit suit, qui demande à l'amende.

Chaque fois que j'entends un connard me dire "Hé tu t'endors pas sur le pet?!" j'ai les oreilles qui sifflent, les tempes qui se mettent à brûler et les larmes aux yeux, je me mords la lèvre, je prends sur moi et je ne lui saute pas à la gueule.

C'est mignon le self control, mais en général ca finit par une réplique bien sentie du genre "tu fumeras quand tu paieras ou quand je l'aurai décidé, en attendant, je te l'avais pas dit, mais celui là c'est un pers"

 

Non mais éh, faut pas croire...

 

Ha tiens aussi, j'ai vu Dogtown and Z-Boys le fameux documentaire qui a inspiré le film Lords of Dogtown que j'ai toujours pas vu d'ailleurs, et que je ne compte pas voir.

 

N'empêche que c'était sacrément drôle de voir le visage de mon pote se décomposer au fur et à mesure qu'il comprenait que ces gars qui avaient révolutionné le skate et fait en sorte que ça devienne ce que c'est maintenant étaient à l'origine des surfeurs. Et qu'au départ ils skataient quand ils pouvaient pas surfer...

Je peux vous dire que ca a filé un sacré coup à ses convictions...

 

Et puis y a pas à chier, ils avaient quand même un sacré style, une fois qu'ils on arrêté de descendre des collines comme des vagues et qu'ils ont pris d'assaut les piscines.

Dommage que cette habitude de poser la main sur le sol pour slider sur le bitume se soit perdue...

C'était tellement mignon....

Par Pixies Girl - Publié dans : driftaway
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