driftaway

Samedi 11 février 2006 6 11 /02 /2006 01:47
Je m'étais dit que j'allais arrêter les blogs, le blog, ce blog en particulier.
Mais faut croire que c'est comme quand je dis que je vais arrêter de fumer : c'est le genre de décision qu'on prend le soir dans son lit, avec la ferme intention de la tenir, puis qu'on a oublier le matin quand vient le café, alors on se dit qu'on fera mieux la prochaine fois.
Je m'étais dit que j'avais mon Carnet Magique, et qu'à partir de là j'avais plus besoin de blog, parce qu'il faut avouer que mon blog me sert plus à moi qu'à vous, donc le carnet c'est tout aussi bien.
L'avantage du carnet c'est qu'on peut écrire dedans partout tout le temps.
Sur le rebord de sa fenêtre un soir de pseudo insomnie en allumant des cigarettes à la chaîne tout en se convainquant que ça réchaffe (Oh la menteeeeuseuh elle a les dents qui claqueeeuh!)
En attendant le tram, le bus, le métro, la fin de la pause, l'amie qui est en retard au rendez vous.
Dans le train, en épiant tous les voyageurs qui se mettent alors à flipper leur race parce qu'une inconnue écrit des trucs qu'ils ne peuvent pas lire (politesse oblige, quand on est courtois on ne lit pas ce que sa voisine écrit par dessus son épaule)
En soirée, quand tout le monde est trop imbibé pour comprendre que c'est leurs faits et gestes qu'on note.
En attendant  que ses charmants potes skaters se décident à respecter leurs engagement : "Juré, c'est le dernier tricks, après promis on rentre et on se bourre la gueule"  (non je mens : aucun skater n'est charmant, c'est tous des putains de névrosés pathogènes qui n'ont pas dépassé le stade annal et qui ne se lavent pas, mais au moins ils sont plus marrants que le commun des mortels)
Un jour j'écrirais un manuel de savoir-vivre, ou plutôt de savoir-survivre, en compagnie d'accros à la planche à roulette.
Ca donnera un truc du genre :

Si vous avez rendez-vous avec votre meilleur pote et son pote suisse incroyablement à croquer mais aussi incroyablement assexué et qu'ils sont tous les deux munis de ces engins de malheur appelés communément skateboards : FUYEZ!

Si vous n'avez pas le choix, que c'est votre meilleur pote qui vous héberge et qu'il a les clés, que vous êtes tétraplégique et que c'est toujours le même pote qui a la télécommande de votre fauteuil ou bien que vous êtes assez siphonnée pour aimer regarder des garçons qui skatent, voici quelques conseils de survie :

    - Habillez vous chaudement (on ne préviendra jamais assez des risques de rhumes inhérents à ces sessions du mois de décembre aux alentours de 3h du matin dans des lieux plus ou moins inhabités)

    - Munissez vous d'une certaine réserve plus ou moins imposante (selon vos goûts et capacités) de cigarettes, d'alcool voire de drogue, ou d'un thermos de café si vous êtes vraiment prévoyant(e). Ne partagez en AUCUN CAS ces réserves avec les skaters cités plus haut, car cela aurait pour seul effet de les conforter dans leur position de parasites sociaux vivant au crochets du système qui les exploite et martyrise (voire plus loin, section "Arrêtés municipaux anti skaters, où êtes vous donc quand on a besoin de vous?")

    - Si vous êtes étudiant(e), musicien(ne), ventriloque (la parenthèse c'est pour faire joli) ou simplement amateur de jeux vidéos, apportez de quoi vous entrainer dans votre passe-temps favori, ou de quoi rattrapper vos lacunes en physique quantique pour passer le temps.

    - N'acceptez JAMAIS de vous voir confier la garde des divers sacs à dos, lecteurs mp3, blousons et autres boards cassées qui encombrent le skater au moment fatidique, ce serait vous voir reléguer dans le rôle de vestiaire attitré, et on s'en débarasse pas comme ça (même si je sais que c'est toujours dur de refuser un blouson supplémentaire quand on n'a omis d'obéir au conseil n°1, voir plus haut)

    - Les skaters étant une sorte d'espèce dérivés des Gremlins (en plus poilus et moins attachants) NE LEUR DONNEZ JAMAIS A BOIRE APRES MINUIT! En effet, tout le monde saura qu'un des effets les plus fréquents de l'alcool c'est l'altération du sens de l'équilibre, qui est primordial pour un skater essayant de tenir sur sa planche. Car, contrairement à une fausse opinion très répandue, les bonnes sessions sont toujours les plus courtes, et plus une session est merdique, moins le skaters rentre de tricks, plus il s'acharne et plus ça dure (éh oui, pour une fois les plus rapides seront les meilleurs!) Conséquence : un skater qui boit n'aura plus d'équilibre, skatera mal et continuera jusqu'à ce qu'il fasse quelque chose de potable, n'y arrivant pas il boira de plus en plus et réduira ainsi à néant ses chances de rentrer son foutu flip sur ces 8 petites marches de rien du tout (et je ne dis pas ça comme si j'avais personnellement une haine viscérale des gaps en flip, non non non, c'est pas comme si de précieuses heures de ma vie avaient été gaspillée à attendre qu'un parasite roulettisé le rentre proprement) De plus, l'alcool engendre le phénomène assez ignoré du grand public que l'on nommera "phénomène du balai dans le cul". Ca arrive à tout le monde même si beaucoup refusent de l'admettre, mais il faut savoir qu'après une trop grande ingestion d'alcool, n'importe quel skater est capable de flipper devant n'importe quel gap, de le fixer pendant dix minutes avant de se lancer puis de ne pas le faire, tout se disant qu'il doit le faire, mais sans pouvoir le faire, dilemne cornélien parmi les plus durs à résoudre, qui met des heures à se dénouer (pour info se reporter à la vidéo où Ali Boulala El Master lui-même est confronté à ce phénomène, si vous ne voyez pas de quelle vidéo il s'agit, demandez à mon ptit frère, c'est lui la vraie groupie de la famille, il vous renseignera mieux que moi)

     - Même conseil pour la drogue

    - Ne croyez jamais un skater qui vous dit "un dernier tricks" c'est pure calomnie, c'est honteux de mentir comme ça, mais certains n'ont aucun remord à le faire. De même, ne vous croyez pas sauvé(e) quand un riverain mécontent de tout ce bruit qui l'empêche de dormir alors que demain il se lève tôt pour aller remplir dans la joie et l'allégresse ses obligations d'expert-comptable menace d'appeler la police si toute la bande ne déguerpit pas sur le champ. En général, après une intervention de ce genre, les membres planche-à-roulettisés de la bande répondront un truc gros comme le bras du genre "encore 5 min et on part, promis monsieur, on est désolé de vous déranger, on savait pas qu'il y avait du monde dans ce quartir résidentiel, mais promis juré sur la tête de Gérard Baas on part dans 5 min" Non contents de mentir à leurs ami(e)s les skaters mentent aussi à de parfaits inconnus, de gentils contribuables paisibles qui n'ont jamais égorgé un chat, et ne se décident à trouver un autre spot qu'au bout d'une demi-heure et d'un second rappel à l'ordre ("cette fois c'est bon, j'appelle les flics bande de vauriens!")

    - Enfin, si vous avez la chance d'être la fille (le fils) du maire de votre ville, ou simplement quelqu'un qui fournit de la drogue au fils du maire, ou qui a couché avec le maire ou son fils ou sa fille ou sa femme, ou quelqu'un qui était à l'école avec le maire, son fils, sa fille ou sa femme, ou encore quelqu'un qui fournit de la drogue à quelqu'un qui a couché avec quelqu'un qui était à l'école avec le maire, son fils, sa fille ou sa femme, faites tout ce qui est en votre pouvoir de persuasion pour que soit enfin pris un arrêté salutaire (juridiquement appelé "arrêté municipal") interdisant le skateboard dans une partie (ou la totalité) de votre ville de résidence. A noter que ces arrêtés sont parfaitement légaux et donc qu'il n'y a aucun problème. Ne dites jamais à vos amis skaters que vous en êtes à l'origine, et apprêtez vous tout de même à passer de longues soirées sur le thème "putains d'enculés de politicards de merde, le street y a que ca de vrai, avec leurs arrêtés municipaux ils vont nous guettoïser dans les skate park, c'est de la ségrégation, et puis nous on est des rebelles on veut pas skater dans des endroits faits pour ça" (évidemment aucun skaters n'utilisera des mots avec autant de syllabes, mais si vous leur soufflez et que vous leur expliquez ce que ca veut dire il se feront un plaisir de les répéter lors d'hypothétiques soirées mondaines où les skaters ne sont jamais invités parce qu'ils ne savent pas se tenir

    - Ha oui aussi : si vous avez sérieusement pensé à mettre ces conseils en pratique : changez de potes, parce que même si la fréquentation de skaters peut être très dangereuse (vous pouvez vous aussi vous mettre à faire du skateboard, ou tout simplement vous faire laminer la cheville par une planche mal contrôlée), les arrêtés municipaux et la délation, c'est encore pire. On n'est plus en 40, merde!


Et en guise de conclusion à cet éminent rapport, je dirai qu'heureusement pour moi, aucun de mes amis chevelus skateboardomanes ne fréquente ce blog, aucun de mes amis tout court d'ailleurs, voire même aucune personne tout court, donc je n'aurai pas besoin de faire des excuses aux gens sous prétexte que les termes "parasites sociaux" et les propos mettant en doute l'hygiène des skaters peuvent être interprétés comme insultants (alors que c'est affectueux, je le jure devant Dieu et Mick Jagger)

De toute façon aucun skater ne lira jamais un texte aussi long.
Niark niark niark

Par Pixies Girl - Publié dans : driftaway
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 19 février 2006 7 19 /02 /2006 23:08
13 février 2005, 2h58 : Assise à la place du mort dans l'antique AX qui me ramène vers mon lit, ma maison, ma promise, je cuve les litres de vin blanc qu'on m'a fait avaler sous prétexte de fêter mes 17 ans.
Je crois que c'est à ce moment là que le conducteur a eu un éclair de génie (bien que le fait qu'il réussise à garder la voiture dans une trajectoire quasi rectiligne constituait déjà un éclair de génie en soi...)
Il a farfouillé 5 min dans le vide poche, esquivé de justesse un semi remorque et un hippopotame en tutu qui n'avait rien à faire au milieu de la route et qui, de toute façon, lui avait grillé la priorité, puis a sorti un disque d'on ne sait où (bah si en fait on sait : du vide poche)
Ce qui devait arriver arriva : il a mis le cd dans le lecteur, et m'a mis cette chanson bien connue qui commence par "un ange est mort ce matin..." c'est du punk, et le refrain dit un truc du genre "on n'est pas sérieux quand on a 17 ans..."
C'aurait pu devenir l'hymne de cette année là, mais le cd en question fut perdu dans la foulée et jamais retrouvé.
Evidemment il s'agissait d'un cd gravé, on n'avait nul moyen de connaitre le nom du groupe ou celui de la chanson.
Après 6 mois de recherches vaines et éprouvantes (essayez de taper "on n'est pas sérieux" sur google environ 43 fois vous comprendrez) j'ai finalement réussi à mettre un nom sur tout ça : On n'est pas sérieux des PKRK, inclus notamment dans leur album Atchoum, et dans la sombre compil Punk En France.
Ceci étant fait il m'a bien fallu 2 bons longs mois pour réussir à télécharger la dite chanson.
Un an s'est écoulé petit à petit, comme un cheveu tombe quand une brosse l'effleure, maintenant j'ai 18 ans, et j'ai pu récupérer cette chanson avant l'échéance puisque je l'ai eue il y a un mois.

Voilà, c'est con comme histoire, mais mes histoires ne sont jamais cons.
Le tout c'est qu'il arrive

Par Pixies Girl - Publié dans : driftaway
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 18 mars 2006 6 18 /03 /2006 01:57
Alors bon voilà,
Je n'ai rien à faire ici, je n'ai pas à écrire dans ce blog même que ça me dégoute de le faire et je me sens minable mais je le fais quand même.
On pourrait comparer ça à se réveiller à 4h du mat dans son lit, tranquille et presque d'aplomb pour une proche et dynamique journée de boulot, allumer sa lumière, et se griller une clope. Ca fait mal à la tête, aux yeux, ca sert qu'à se réveiller alors que ce qu'il nous faut c'est se rendormir et oublier tout ça.
On pourrait aussi comparer ça à accepter d'acheter un truc pour un gars qu'on n'apprécie pas plus que ça juste pour le plaisir de revoir le vendeur.
Mais on ne peut pas...

Les 2 dernières hypothèses c'est de la folie pure, simple produit d'un esprit détraqué, on sent la bonne maladie psycho-cérébrale qui couve là dessous. Ca rentre parfaitement dans l'échelle trinaire (échelle de vie qui consiste à considérer que le monde est tout noir ou tout blanc et voir la vie en rose en même temps. Ca veut dire tout voir en noir et blanc et rose. C'est ne considérer qu'une chose est bonne, et mérite de subsister que si l'on peut la classée sans hésitation dans l'une des catégories de la base de la vie, c'est à dire, je le répète : le noir, le blanc ou le rose) Bref, là c'est du noir effectué dans le but d'atteindre le rose, donc les 2 actions s'annulent et on se retrouve face à un blanc.

Je vous avais dit que c'était un truc de détraqué.

Tandis que d'écrire des conneries dans ce blog qui m'indiffére autant qu'il me répugne et qu'il me culpabilise, ca c'est inclassable. C'est ce qu'on appelle un sentiment complexe, le genre qui prend du temps et de la patience et de la bonne volonté à analyser. Mais comme tout ça c'est gonflant et inutile, on considère que ca rentre pas dans notre vision de la vie (noir et blanc et rose, dieu bénisse les daltoniens) et on laisse filer...

Et merde...

Par Pixies Girl - Publié dans : driftaway
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Vendredi 22 décembre 2006 5 22 /12 /2006 09:25
Mon tabac est tellement en miettes que la braise de ma clope tombe continuellement.
Les feuilles à rouler que j'ai piquées mercredi soir sont tellement épaisses que je ferai mieux de rouler mes clopes avec les pages du Code Civil.
Et il me reste exactement 16,61€ sur mon compte.
Ya plus de quoi hésiter : c'est un complot capitalistico-maçonnique...























    Elle avait ouvert le lave-vaisselle pour prendre une cuillère et la buée s'était collée à ses lunettes.Puis elle avait trempé la cuillère dans le pot de miel, l'avait tournée pour que les filaments sirupeux s'y enroulent plutôt que de couler sur la table et l'avait plongée dans la tasse vide. Elle y avait ensuite déposé le sachet de tisane afin qu'il s'y agglutine et ne remonte pas à la surface quand elle verserait l'eau bouillante.
   
    En faisant cela elle avait mis des mots sur chacun de ses gestes. Elle les avait consignés comme l'intrigue d'une histoire en se disant qu'un lecteur se retrouverait dans ses manies anodines.

    Elle s'était assise à sa terrasse et avait allumé sa cigarette en réfléchissant à la bande son qu'elle souhaitait pour le film de sa vie. Quelque chose d'enjoué type 60's sûrement.

    Puis elle avait lancé le sachet de tisane désormais infusée par dessus le balcon. Elle s'était étonnée du laps de temps écouté avant le "ploc" mou annonçant sa prise de contact avec le sol. Comme toujours. Puis s'était inquiétée des claquements de portières et des voix  dans la rue, essayant de deviner les intonations outrées du conducteur qui avait reçu le sachet sur son pare-brise. Mais pas d'éclat de voix.

    Elle était à l'abri en haut de sa tour. Et elle repensait aux Choses de Perec, à la boîte remplie de cigarettes qui accompagnaient les petits déjeuners idylliques du couple bienheureux. Elle se demandait à présent si elle aussi fondait sa vie, ses rêves et ses attentes sur des objets, des choses, des riens. Si ses rêves n'étaient en fait que des réminiscences de scènes romantiques dans des films à Oscars, à la différence qu'elle en était l'héroïne et que, pour elle, cela serait un jour la réalité.

    Puis elle se rassurait en se disant que le fait de se s'interroger sur son hypothétique superficialité la rendait moins superficielle que le commun des mortels.

    Elle avait rallumé une cigarette, sursauté d'un craquement de plancher et s'était replongée dans ses tergiversations.

    Elle se disait qu'elle rêvait moins d'un amour que d'un complice. Un complice de ces absurdités quotidiennes qyu deviendraient alors des aventures à tenir en haleine des générations de cinéphiles. Mais elle rêvait aussi de "je t'aime" sur un oreiller, puis de nuits mémorables, le genre de nuits qu'on ne raconte pas à ses copines mais qui laisse des traces irisées sur un visage épanoui.
   
    Et ses copines seraient jalouses de ce bonheur qu'on ne leur livrerait pas, qu'on les empêcherait de disséquer comme toutes les histoires banales que les copines dissèquent et éventrent pendant des heures, dont elles clouent les pattes en croix avant d'enfoncer la canule et d'en déchirer l'enveloppe de leurs langues acérées.

    Mais pour l'instant, tout ce qu'elle avait n'était que sujet à dissection. Pas de Grand Amour. Juste des regards furtis, des conversations gênées qui se terminent pas des "Bon il faut que je file" et des heures passées au téléphone "Tu crois que je lui plaîs?"

Par Pixies Girl - Publié dans : driftaway
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 23 décembre 2006 6 23 /12 /2006 11:13
  

 L'an dernier, à un festival je me suis pris un coup de boule volontairement violent par un punk pour une sombre histoire de bouteille de vin et de chiens.

    Quelques jours après, j'écrivais ça :

    J'attends mon bus.
    Enfin plutôt, mon cocard à la pomette, ma griffure en forme de mouche au coin de la bouche et moi attendons le bus. Et mon courroux, Coucou!
    Mon doux visage a quelque peu perdu de sa volupté d'antan.
    A cause d'une bouteille cassée. Et d'un punk qui m'a dit de baisser la tête, de baisser les yeux et de ramasser.
    Evidemment je lui ai dit non en le fixant droit dans les yeux.
    Sale habitude de planter son regard dans celui des gens.
    Au moins, je lui ai pas dit "Plutôt crever". Sale habitude ça aussi.
    Et je suis pas persuadée que foutre des coups de boule  d'innocentes jeunes filles soit une très bonne habitude non plus.
    Mais m'en c'est pas la mienne.
   
    C'est l'histoire d'une fille qui avait un bleu sur la pomette.
    Ca lui faisait mal quand elle souriait. Quand elle boudait aussi.
    Hey Baybé, tu m'a volé mon sourire, tu m'as volé mes expression, tu m'as ruiné mon visage.
    La fille elle s'en foutait au fond.
    Elle avait pas été contente du tout sur le moment puis elle s'en était foutu.
    Disons qu'elle se foutait du résultat.
    Des bleus au visage, ça lui arrivait plus souvent que ça ne devrait arriver à une jeune fille bien sous tous rapports.
    Mais ç'avait un ptit côté nihiliste.
    Un ptit goût de "j'm'en balance de cette tache sur ma joue, évite juste de me faire rire parce que ça fait mal".
    Mais sinon c'est intéressant.
    Ca évolue, ça change de couleur, ça fait des regards bizarres dans la rue, des questions gênées de l'entourage.
    C'est choquant, ça laisse une drôle d'impression aux gens, c'est en dehors de leur échelle de compréhension, c'est inaccessible pour eux, c'est parallèle.
    Dans les films, pas dans la vie les bleus.

    La fille ne se rappelait même pas qui lui avait fait ça.
    De toute façon elle n'avait pas eu le temps de le voir.
    Mais elle imaginait cette raclure sociale, ce sous-déchet d'avortement raté.
    Un chien écrasé contre l'avant d'un TGV, une serpillière à chiottes publics, une statuettes en coquillages de la Côte d'Azur, une capote usagées soigneusement déposée sur le rebord d'une poubelle de rue.
    Mais elle n'avait pas toujours été aussi indifférent du sort de cet intrépide bubun abcésieux.
    Au début elle aurait vraiment voulu lui éclater la tête.
    Et puis elle s'était dit que la vie réglait très bien le sort de ce genre d'éructation.
    Elle n'aurait jamais pu lancer un plan de torture aussi intense et durable que celui que la vie avait prévu pour cette larve de moucheron noyée dans l'insecticide polluant et troueur d'ozone qui lui servait d'environnement.
    Mieux vaut se faire taper dessus par une loque sans avenir destinée à finir noyée dans son vomi, les dents rongées par l'acide, une flaque de pisse entre les jambes et l'équivalent intellectuel d'une huître bouillie dans le crâne.
    Elle ne pouvait faire mieux que la vie et c'était tant mieux.
    Ca économisait pas mal de son temps et de son énergie.
    Et puis il y avait ce bleu qui allait tous les intriguer;
    Jamais elle n'avouerait qu'elle s'était pris un coup.
    Le rôle de rebelle déchaînée qui n'hésite pas à se faire taper dessus pour une question de bouteille, de chiens, d'yeux baissés et de pseudos principes ne lui collait pas à la peau.
    Elle n'était pas particulièrement mystérieuse.
    Disons qu'elle taisait les trucs importants ou qui semblaient avoir un semblant d'importance à ses yeux, ou au contraire, qui étaient dénués de tout intérêt dans sa vision approximative de sa vie torsadée...

Par Pixies Girl - Publié dans : driftaway
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus