Honte à moi j'écoute Greenday.
Mais rien que la phrase "wake me up when september ends" est trop parfaite.
Le reste m'en fous, cette phrase là vaut toutes les autres, tant pis pour les dilettantes.
Puisque j'en suis à parler de mes petites émotions de tous les jours, sachez que l'affice de Trainspotting m'a fait un effet boeuf.
Quand j'étais jeune et encore innocente j'avais lu dans je ne sais quelle revue pour les jeunes et innocentes futures élites qui se cachent au fond de chaque gamin français (genre Science et Vie Junior, le magazine pro pour futurs agrégés de biochimie) que Trainspotting était un film extrêmement choquant même s'il n'y avait qu'un seul mort dedans, et qu'il était donc interdit aux moins de 16 ans.
Evidemment ça m'avait marqué, les détails me marquent toujours, surtout quand ils sont insignifiants.
Donc j'avais classé Trainspotting au panthéon des films pas bien.
Puis un jour, je devais être en 5° ou 4° je crois, j'ai vu l'affiche dans la chambre d'une amie.
Je ne développerai pas sur les tenants et aboutissants de mon amitié avec elle, sur les descriptions psycho-merdiques de son caractère et de son comportement, ca prendrait des pages et jamais je ne toucherai un centième de la totalité du personnage.
Disons juste que c'était ma plus vieille amie, et que marginale et artiste sont les 2 mots qui la décrivent le mieux, mais pris dans leur vrai contexte.
Une fille capable à 14 ans de se barrer de chez elle pendant 6 mois pour faire le tour de France à pied et en stop en donnant de ses nouvelles dans une seule et unique carte postale.
Et elle avait vu Trainspotting à l'époque.
Evidemment quand je lui ai exposé mon point de vue Science et Vie Junoiresque sur la question, elle n'a rien dit, elle m'a juste soutenu que c'était un très bon film, et que j'avais intérêt à sauter sur la première occasion de le regarder.
Plus tard, en seconde, j'avais un pote qui avait recopié la fameuse tirade :
"Choisir la vie, choisir un boulot, choisir une carrière, choisir une famille, choisir une putain de télé à la con, choisir des machines à laver, des bagnoles, des platines laser, des ouvres boites électroniques, choisir la santé, un faible taux de cholestérol et une bonne mutuelle, choisir les prêts à taux fix, choisir son petit pavillon, choisir ses amis, choisir son survet' et le sac qui va avec, choisir son canapé avec les deux fauteuils, le tout à crédit avec un choix de tissu de merde, choisir de bricoler le dimanche matin en s'interrogeant sur le sens de sa vie, choisir de s'affaler sur ce putain de canapé, et se lobotomiser aux jeux télé en se bourrant de MacDo, choisir de pourrir à l'hospice et de finir en se pissant dessus dans la misère en réalisant qu'on fait honte aux enfants niqués de la tête qu'on a pondu pour qu'ils prennent le relais, choisir son avenir, choisir la vie.
Pourquoi je ferai une chose pareil ?
J'ai choisi de ne pas choisir la vie J'ai choisi autre chose, les raisons...
Y' a pas de raison.
On a pas besoin de raison quand on a l'héroïne"
Bref je m'étais décidée à changer d'opinion, un film qui disait des trucs comme ça ne pouvait pas être foncièremement mauvais, et il était inspiré d'un bouquin, ce qui lui donnait une justification quasi divine. (oui je sais Et Si C'Etait Vrai est aussi tiré d'un bouquin, mais y a bouquin et bouquin on ne le rappellera jamais assez)
Donc en début de première, quand on a enfin eu l'adsl j'ai téléchargé le film (je vois d'ici la foule en furie autour de mon bûcher "ouh la vilaine elle a téléchargé un film, brûlons la! L'Etat de Droit vaincra, mort aux délinquants!")
Et j'ai vu le film.
Je l'ai vu, revu jusqu'à comprendre l'humour de la chose, la qualité de l'histoire, voire même la morale, parce qu'on a beau dire, c'est ptet un film de drogués mais y a une morale, implicite mais morale.
Et Trainspotting est rentré au Panthéon des films.
Mort à Science et Vie Junior!
Ah oui puis aussi, chers rares visiteurs (ce qui est rare est cher vous dirai ma Grand Mère qui s'y connait en affaires!) je voulais poser une question disons ... primordiale :
Est ce que le fait que le premier gars que j'avais remarqué dans mon amphi bondé au début de l'année me raccompagne chez moi tous les soirs après les cours constitue une raison suffisante pour trop se la péter auprès de ces petites pétasses significatrices qui considèrent ça comme un scandale qu'on puisse adresser la parole à une filel qui ne se maquille même pas et qui a des trous dans ses pantalons (ne parlons même pas de ses culottes qui dépassent tout le temps tssss!) ?
Give me Novocaïne
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