Ce soir c'est le réveillon.
C'est la dernière journée de l'année et je m'en fous.
Je mange de la quiche lorraine froide (putain ca déboite sa mère la quiche lorraine froide. sic) et je rêve de bébés requin en écoutant Black Dog.
Tout en fomentant un plan machiavélique visant à me faire livrer des clopes et des feuilles longues à domicile et gratuitement.
Pour l'instant j'en suis qu'au mobile du crime, mais je vais vite trouver la suite.
Mon ordinateur vit une vie parallèle qui lui est propre.
C'est tellement mignon de les voir prendre leur envol...
On les nourrit pendant un an à coups de plug in et de téléchargements douteux, de jeux à la résolution miséreuse et d'images qui n'inspire pas confiance.
Passé le premier mois on oublie de réactiver l'anti virus parce que de toute facon ca sert à rien, on est des rebelles, pas d'anti virus.
Et voilà, un an a passé, le gros bébé est tout gavé, il lui reste exactement 3,16Go sur les 114 de départ comme place sur le disque dur.
C'est autour de ce moment que les ordinateurs se mettent à s'émanciper (même si on en voit les prémisces bien avant)
Et que je me mette en écran bleu pour rigoler un coup, que je bloque toutes les commandes parce que je boude, que j'ouvre des programmes d'actualisation à tout bout de champ pour jouer avec toi et ta souris...
Raaah les ordinateurs...
Ca devrait jamais grandir....
Tiens et à part fumer mes souris, j'ai aussi trouvé le nouveau projet de ma vie...
En effet j'avais abandonné mon idée de chronique sur le sexe et ses effroyables effets sur les gens en même temps que je mettais fin à ma période d'abstinence.
Et puis j'avais pas envie de me lancer tout de suite dans l'écriture de mon incroyable biographie.
Finalement j'ai décidé d'écrire le script d'un road-movie-western-moderne inspiré de ma vie et de celle de la Grosse qui me tient lieu de seule amie.
Enfin une journée de notre vie.
Je vous fait un petit synopsis (ou une synopsis? qu'importe, soyons fous) du projet, parce que c'est le genre d'idée qui risque de ne pas être chouchoutée comme à la SNCF (rooh cette pub c'est du grand art, le Mignon avec un grand M on applaudit avec les 2 pieds s'il vous plait)
Bref, ca commence par une scene ou 2 filles superbes courent dans la neige après un bus qui ne les attends pas pour partir.
La neige tombe, elles se calent sous l'abribus et fument un pet en essayant de convaincre l'autre personne présente sous l'abribus, un pauvre type de leur connaissance, de demander à celui qui vient le prendre en voiture de les déposer aussi.
Hélas, le type est un gros salaud, un fourbe, et il leur taxe une cigarette avant de leur dire que c'est pas possible.
Le problème c'est que ces filles sont sur un super gros plan coke et elles doivent impérativement aller à la Ville, qui se trouve à 15km du Village où elles se trouvent coincées, sous la neige et dans le froid.
Mais les filles ont la rock'n roll attitude et ne se laissent pas abattre par la fatalité (par comme Thelma & Louise qui partent trop en couille après que Brad Pitt leur a volé leur argent)
Les superbes jeunes filles décident donc de faire du stop.
Elles se posent sur un trottoir et la seule des 2 qui possède des gants tend le pouce, l'autre essayant vainement de glisser ses mains frigorifiées dans ses poches.
Le vent redouble, les flocons de neige deviennent du grezzil qui griffe et qui fait mal aux joues, aux yeux et au nez et aux oreilles et à n'importe qu'elle partie du corps exposée au froid anthropophage.
Les voitures défilent et ne s'arrêtent pas, les 2 jeunes filles maudissent chaque conducteur et commencent à vraiment désespérer quand une voiture s'arrête le long du trottoir.
Il s'agit d'une femme, sans aucun doute camée jusqu'aux yeux, et de sa gamine, dans un piteux état elle aussi.
Mais faute de grives on mange des merles, les 2 jeunes filles sautent dans l'épave qui tient lieu de voiture à l'épave humaine qui la conduit.
La voiture est gelée, le pare brise plein de givre, on n'y voit rien et la femme n'arrête pas de parler de "réparer la denrée"
Les 2 jeunes filles sont complètement défoncées et rigolent plus qu'autre chose.
Finalement la camée arrête la voiture, sort, ouvre le capot et miracle ! le chauffage remarche! c'était ça la denrée !
Le reste du trajet se déroule plus ou moins sans encombres, la camée se calme un fois le chauffage revenu.
Evidemment, arrivées à destination, nos deux magnifiques rebelles post pubères doivent encore attendre leur contact, celui qui connait le gars qui connait la soeur du type qui a vu l'ours qui a mangé l'auricullaire du type qui a de la coke, ou un truc comme ça.
N'oublions pas qu'ils neigent toujours, que le bas de leurs pantalons hyper anticonformistes ont absorbé par capillarité toutes sortes de liquides provenant de la fonte de la neige sur le bitume noir comme l'âme de feu Napoléon.
De plus, l'une d'elles venant de s'offrir de magnifiques chaussures roses et noires et blanches (émanation physique du fameux adage "voir la vie en rose et noir et blanc" c'est à dire considérer que les choses sont soit toutes noires soit toutes blanches, et teinter sa vision de la vie en rose, pour pouvoir fredonner "quaaand il me prend dans ses braass, qu'il me parleuh tout baaas..." en se sentant en harmonie avec soi-même) et qu'elle refuse de les souiller avec la Schneematsch (terme allemand extrêmement utile, désignant en un mot ce qu'on appelle en français la-bouillasse-marron-qui-apparait-en-ville-dès-qu'il-a-neigé-et-que-des voitures-ont-tout-pourri-avec-leurs-sales-pneus) elle est donc obligée de traverser les passages piétons en sautillant sur la pointe des pieds afin de laisser ses chaussures en contact avec la Schneematsch au minimum possible quand la gravité avoisine les 9.8Newton.
Soucieuses de ne pas mourir de froid et de ne pas s'ennuyer pour autant, elles se réfugient dans un café à blaireaux, où elles peuvent faire semblant de réviser. Excellent alibi pour dévisager les blaireaux à capuche cernée de fourrure et à jean délaver qui passent et repassent, et font des clins d'oeil et parlent trop fort histoire que tout le monde voit à quel point ils sont visibles.
Le contact les rejoint finalement dans le bar, et le départ est aussitôt lancé.
Le lieu de rendez vous avec l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours qui a bouffé l'orteil du dealer se situe dans ce qu'on pourrait appeler la vieille ville (en fait toute la ville est vieille, mais comprenez par là la partie de la ville où les rues sont étroites et en pente)
Don du ciel, il ne neige plus, maintenant il pleut et la neige s'est transformée en splendides plaques de verglas sur les trottoirs.
Les commerçants, l'air de rien, organisent leur concours annuel du nombre de personnes qui se seront cassé la gueule parce qu'elles ont eu le malheur de tourner la tête pour regarder la vitrine.
C'est le chocolatier qui arrive en tête, talonné de près par la lingerie, dont la gérante a obtenu un score bien supérieur à celui de l'année précédente grâce à une pub Aubade grandeur nature judicieusement placée.
Nos 2 héroïnes, et leur contact traversent donc la ville congelée, en se servant des volets comme appui afin de ne pas dévaler la pente glacée de la rue où se situe l'homme à l'ours.
Elles arrivent enfin à destination.
Un squatt sordide avec 2 chats, un lapin et un bébé, et des couples. 3 couples. Ca s'enquiquine, ca s'appelle mon coeur et ca dit des trucs intelligents du genre "elles ont l'air marrantes tes 2 copines"
Evidemment, c'est une façon de détourner l'attention, parce que la coke ne se trouve pas là en réalité.
En fait c'est l'homme qui doit aller chercher la coke qui se trouve là.
Après avoir descendu une bouteille de blanc agrémentée de cassis, les 2 belles donzelles rappellent au sus dit homme le but de leur visite, et lui expliquent que c'est bien sympa, mais maintenant qu'il a la thune ca serait pas plus mal qu'il bouge son cul et qu'il aille cherche ce pour quoi on est venu le voir.
Ceci étant dit, tout le monde se disperse, et nos 2 comparses filent avec leur contact dans un bar glauque des environs, tout en essayant de garder les deux pieds sur le sol et d'avancer de façon efficace sur l'épaisse couche de glace qui recouvre tout désormais.
Arrivés au bar, les 3 commandent une bière, saluent les habitués, de sales junkies, des skins et un fand de Led Zeppelin, finissent tout ça en vitesse en vont diner, il serait dommage de mourir de fin si prêt du but.
Dans le fast food insalubre où ils décident de faire escale, ils rencontrent une de leur connaissance, un punk vulgaire bouffé par l'acné et la syphillis qui leur demande ce qu'ils font de beau tout en postillonant sur leur maigre rations de frites.
Ceci fait, tout le monde monte dans le congélateur ukrainien qui sert de voiture au contact, direction l'appart du dealer qui est rentré chez lui avec sa cargaison.
Un squatt sordide avec un hamster, un berger allemand et une rousse, qu'il désigne comme sa chère et tendre.
Il fait le coup du type vexé quand les 2 charmantes jeunes filles lui demandent si elles peuvent gouter avant, mais elles s'en balancent, elles ont ce qu'elles veulent et même plus que la dose prévue.
Ayant reniflé ce qu'il y avait à renifler sur le boîtier de CD, les 3 remontent dans le frigo ukrainien, directiobn leurs doux foyer.
Une des 2 héroïnes s'arrête en chemin, sans doute pour aller voir son mac ou pour plannifier sa prochaine attaque à main armée.
L'autre héroïne et le contact décident d'aller se bourrer la gueule au chaud en regardant des films ukrainiens, pourquoi se priver.
Et le film se termine sur l'image de l'infâme tacot s'éloignant sur la route gelée, vers l'horizon enneigé et de nouvelles aventures psychotropiques...
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