Mercredi 27 décembre 2006
Vient le moment où tu ne penses plus à ce que tu écris, ni à comment tu l'écris.
Tu engraines les mots, tu délies les phrases, tu enchevêtres les sons et tu maudis ta main de ne pas suivre ton esprit aussi que les images qu'il forme, les rêves qu'il évoque.
Il compte sur tout pour écrire tout ça.
Pour mettre tout ça par écrit.
Une jolie image dans un bocal transparent.
Un souvenir heureux à l'abri des intempéries dans sa maison de verre.
Et tu consignes avec des mots comme d'autres alignent les fruits en bocaux.

(un moment de l'année 2005-2006, je devais sûrement être défoncée)























Un homme a posé un seau
Sous un poirier.
Puis il est allé s'asseoir
Sous le poirier.
Des poires tombent de temps en temps,
Tombent du poirier.
Et l'homme attend patiemment
Que les poires qui tombent du poirier
Chutent dans le seau.

ODE DU POIRIER POUR UN HOMME BIEN AVISE

(moment de 2005-2006 où j'avais rien à foutre à la fac)
par Pixies Girl publié dans : driftaway
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Samedi 23 décembre 2006
  

 L'an dernier, à un festival je me suis pris un coup de boule volontairement violent par un punk pour une sombre histoire de bouteille de vin et de chiens.

    Quelques jours après, j'écrivais ça :

    J'attends mon bus.
    Enfin plutôt, mon cocard à la pomette, ma griffure en forme de mouche au coin de la bouche et moi attendons le bus. Et mon courroux, Coucou!
    Mon doux visage a quelque peu perdu de sa volupté d'antan.
    A cause d'une bouteille cassée. Et d'un punk qui m'a dit de baisser la tête, de baisser les yeux et de ramasser.
    Evidemment je lui ai dit non en le fixant droit dans les yeux.
    Sale habitude de planter son regard dans celui des gens.
    Au moins, je lui ai pas dit "Plutôt crever". Sale habitude ça aussi.
    Et je suis pas persuadée que foutre des coups de boule  d'innocentes jeunes filles soit une très bonne habitude non plus.
    Mais m'en c'est pas la mienne.
   
    C'est l'histoire d'une fille qui avait un bleu sur la pomette.
    Ca lui faisait mal quand elle souriait. Quand elle boudait aussi.
    Hey Baybé, tu m'a volé mon sourire, tu m'as volé mes expression, tu m'as ruiné mon visage.
    La fille elle s'en foutait au fond.
    Elle avait pas été contente du tout sur le moment puis elle s'en était foutu.
    Disons qu'elle se foutait du résultat.
    Des bleus au visage, ça lui arrivait plus souvent que ça ne devrait arriver à une jeune fille bien sous tous rapports.
    Mais ç'avait un ptit côté nihiliste.
    Un ptit goût de "j'm'en balance de cette tache sur ma joue, évite juste de me faire rire parce que ça fait mal".
    Mais sinon c'est intéressant.
    Ca évolue, ça change de couleur, ça fait des regards bizarres dans la rue, des questions gênées de l'entourage.
    C'est choquant, ça laisse une drôle d'impression aux gens, c'est en dehors de leur échelle de compréhension, c'est inaccessible pour eux, c'est parallèle.
    Dans les films, pas dans la vie les bleus.

    La fille ne se rappelait même pas qui lui avait fait ça.
    De toute façon elle n'avait pas eu le temps de le voir.
    Mais elle imaginait cette raclure sociale, ce sous-déchet d'avortement raté.
    Un chien écrasé contre l'avant d'un TGV, une serpillière à chiottes publics, une statuettes en coquillages de la Côte d'Azur, une capote usagées soigneusement déposée sur le rebord d'une poubelle de rue.
    Mais elle n'avait pas toujours été aussi indifférent du sort de cet intrépide bubun abcésieux.
    Au début elle aurait vraiment voulu lui éclater la tête.
    Et puis elle s'était dit que la vie réglait très bien le sort de ce genre d'éructation.
    Elle n'aurait jamais pu lancer un plan de torture aussi intense et durable que celui que la vie avait prévu pour cette larve de moucheron noyée dans l'insecticide polluant et troueur d'ozone qui lui servait d'environnement.
    Mieux vaut se faire taper dessus par une loque sans avenir destinée à finir noyée dans son vomi, les dents rongées par l'acide, une flaque de pisse entre les jambes et l'équivalent intellectuel d'une huître bouillie dans le crâne.
    Elle ne pouvait faire mieux que la vie et c'était tant mieux.
    Ca économisait pas mal de son temps et de son énergie.
    Et puis il y avait ce bleu qui allait tous les intriguer;
    Jamais elle n'avouerait qu'elle s'était pris un coup.
    Le rôle de rebelle déchaînée qui n'hésite pas à se faire taper dessus pour une question de bouteille, de chiens, d'yeux baissés et de pseudos principes ne lui collait pas à la peau.
    Elle n'était pas particulièrement mystérieuse.
    Disons qu'elle taisait les trucs importants ou qui semblaient avoir un semblant d'importance à ses yeux, ou au contraire, qui étaient dénués de tout intérêt dans sa vision approximative de sa vie torsadée...

par Pixies Girl publié dans : driftaway
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Vendredi 22 décembre 2006
Mon tabac est tellement en miettes que la braise de ma clope tombe continuellement.
Les feuilles à rouler que j'ai piquées mercredi soir sont tellement épaisses que je ferai mieux de rouler mes clopes avec les pages du Code Civil.
Et il me reste exactement 16,61€ sur mon compte.
Ya plus de quoi hésiter : c'est un complot capitalistico-maçonnique...























    Elle avait ouvert le lave-vaisselle pour prendre une cuillère et la buée s'était collée à ses lunettes.Puis elle avait trempé la cuillère dans le pot de miel, l'avait tournée pour que les filaments sirupeux s'y enroulent plutôt que de couler sur la table et l'avait plongée dans la tasse vide. Elle y avait ensuite déposé le sachet de tisane afin qu'il s'y agglutine et ne remonte pas à la surface quand elle verserait l'eau bouillante.
   
    En faisant cela elle avait mis des mots sur chacun de ses gestes. Elle les avait consignés comme l'intrigue d'une histoire en se disant qu'un lecteur se retrouverait dans ses manies anodines.

    Elle s'était assise à sa terrasse et avait allumé sa cigarette en réfléchissant à la bande son qu'elle souhaitait pour le film de sa vie. Quelque chose d'enjoué type 60's sûrement.

    Puis elle avait lancé le sachet de tisane désormais infusée par dessus le balcon. Elle s'était étonnée du laps de temps écouté avant le "ploc" mou annonçant sa prise de contact avec le sol. Comme toujours. Puis s'était inquiétée des claquements de portières et des voix  dans la rue, essayant de deviner les intonations outrées du conducteur qui avait reçu le sachet sur son pare-brise. Mais pas d'éclat de voix.

    Elle était à l'abri en haut de sa tour. Et elle repensait aux Choses de Perec, à la boîte remplie de cigarettes qui accompagnaient les petits déjeuners idylliques du couple bienheureux. Elle se demandait à présent si elle aussi fondait sa vie, ses rêves et ses attentes sur des objets, des choses, des riens. Si ses rêves n'étaient en fait que des réminiscences de scènes romantiques dans des films à Oscars, à la différence qu'elle en était l'héroïne et que, pour elle, cela serait un jour la réalité.

    Puis elle se rassurait en se disant que le fait de se s'interroger sur son hypothétique superficialité la rendait moins superficielle que le commun des mortels.

    Elle avait rallumé une cigarette, sursauté d'un craquement de plancher et s'était replongée dans ses tergiversations.

    Elle se disait qu'elle rêvait moins d'un amour que d'un complice. Un complice de ces absurdités quotidiennes qyu deviendraient alors des aventures à tenir en haleine des générations de cinéphiles. Mais elle rêvait aussi de "je t'aime" sur un oreiller, puis de nuits mémorables, le genre de nuits qu'on ne raconte pas à ses copines mais qui laisse des traces irisées sur un visage épanoui.
   
    Et ses copines seraient jalouses de ce bonheur qu'on ne leur livrerait pas, qu'on les empêcherait de disséquer comme toutes les histoires banales que les copines dissèquent et éventrent pendant des heures, dont elles clouent les pattes en croix avant d'enfoncer la canule et d'en déchirer l'enveloppe de leurs langues acérées.

    Mais pour l'instant, tout ce qu'elle avait n'était que sujet à dissection. Pas de Grand Amour. Juste des regards furtis, des conversations gênées qui se terminent pas des "Bon il faut que je file" et des heures passées au téléphone "Tu crois que je lui plaîs?"

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Samedi 18 mars 2006
Alors bon voilà,
Je n'ai rien à faire ici, je n'ai pas à écrire dans ce blog même que ça me dégoute de le faire et je me sens minable mais je le fais quand même.
On pourrait comparer ça à se réveiller à 4h du mat dans son lit, tranquille et presque d'aplomb pour une proche et dynamique journée de boulot, allumer sa lumière, et se griller une clope. Ca fait mal à la tête, aux yeux, ca sert qu'à se réveiller alors que ce qu'il nous faut c'est se rendormir et oublier tout ça.
On pourrait aussi comparer ça à accepter d'acheter un truc pour un gars qu'on n'apprécie pas plus que ça juste pour le plaisir de revoir le vendeur.
Mais on ne peut pas...

Les 2 dernières hypothèses c'est de la folie pure, simple produit d'un esprit détraqué, on sent la bonne maladie psycho-cérébrale qui couve là dessous. Ca rentre parfaitement dans l'échelle trinaire (échelle de vie qui consiste à considérer que le monde est tout noir ou tout blanc et voir la vie en rose en même temps. Ca veut dire tout voir en noir et blanc et rose. C'est ne considérer qu'une chose est bonne, et mérite de subsister que si l'on peut la classée sans hésitation dans l'une des catégories de la base de la vie, c'est à dire, je le répète : le noir, le blanc ou le rose) Bref, là c'est du noir effectué dans le but d'atteindre le rose, donc les 2 actions s'annulent et on se retrouve face à un blanc.

Je vous avais dit que c'était un truc de détraqué.

Tandis que d'écrire des conneries dans ce blog qui m'indiffére autant qu'il me répugne et qu'il me culpabilise, ca c'est inclassable. C'est ce qu'on appelle un sentiment complexe, le genre qui prend du temps et de la patience et de la bonne volonté à analyser. Mais comme tout ça c'est gonflant et inutile, on considère que ca rentre pas dans notre vision de la vie (noir et blanc et rose, dieu bénisse les daltoniens) et on laisse filer...

Et merde...

par Pixies Girl publié dans : driftaway
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Dimanche 19 février 2006
13 février 2005, 2h58 : Assise à la place du mort dans l'antique AX qui me ramène vers mon lit, ma maison, ma promise, je cuve les litres de vin blanc qu'on m'a fait avaler sous prétexte de fêter mes 17 ans.
Je crois que c'est à ce moment là que le conducteur a eu un éclair de génie (bien que le fait qu'il réussise à garder la voiture dans une trajectoire quasi rectiligne constituait déjà un éclair de génie en soi...)
Il a farfouillé 5 min dans le vide poche, esquivé de justesse un semi remorque et un hippopotame en tutu qui n'avait rien à faire au milieu de la route et qui, de toute façon, lui avait grillé la priorité, puis a sorti un disque d'on ne sait où (bah si en fait on sait : du vide poche)
Ce qui devait arriver arriva : il a mis le cd dans le lecteur, et m'a mis cette chanson bien connue qui commence par "un ange est mort ce matin..." c'est du punk, et le refrain dit un truc du genre "on n'est pas sérieux quand on a 17 ans..."
C'aurait pu devenir l'hymne de cette année là, mais le cd en question fut perdu dans la foulée et jamais retrouvé.
Evidemment il s'agissait d'un cd gravé, on n'avait nul moyen de connaitre le nom du groupe ou celui de la chanson.
Après 6 mois de recherches vaines et éprouvantes (essayez de taper "on n'est pas sérieux" sur google environ 43 fois vous comprendrez) j'ai finalement réussi à mettre un nom sur tout ça : On n'est pas sérieux des PKRK, inclus notamment dans leur album Atchoum, et dans la sombre compil Punk En France.
Ceci étant fait il m'a bien fallu 2 bons longs mois pour réussir à télécharger la dite chanson.
Un an s'est écoulé petit à petit, comme un cheveu tombe quand une brosse l'effleure, maintenant j'ai 18 ans, et j'ai pu récupérer cette chanson avant l'échéance puisque je l'ai eue il y a un mois.

Voilà, c'est con comme histoire, mais mes histoires ne sont jamais cons.
Le tout c'est qu'il arrive

par Pixies Girl publié dans : driftaway
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